Vendredi dernier, 13 février, le parlement genevois décide d'attaquer frontalement tous les riverains des "axes structurants" du réseau routier genevois, en y imposant le 50km/h minimum. La majorité de droite espère ainsi enterrer définitivement toute possibilité du 30km/h dans ces rues.
PRO VELO Genève et ses partenaires lancent un référendum! Nous avons jusqu'à fin mars pour récolter un maximum de signatures. Alors, signez et faites signer!
Signez le référendum |
Pour signer c'est très simple:
1. Téléchargez la feuille de signature pré-affranchie
2. Imprimez (si possible sur un papier épais), signez et faites signer
3. Postez-la d'ici au 25 mars 2026.
La volonté affichée est de garantir une fluidité du trafic et la liberté du mode de transport. Or, d'une part le 30km/h n'entrave pas nécessairement la fluidité du trafic - les expériences à Bruxelles, Bologne et d'autres, nous enseignent que les temps de parcours après le passage à 30km/h ne sont pas ou très peu allongés - parce qu'à vitesse réduite plus de véhicules peuvent circuler grâce à la réduction des distances entre eux, et parce qu'en milieu urbain ce qui ralentit un automobiliste, ce sont les autres automobilistes.
D'autre part les vitesses élevées génèrent un sentiment d'insécurité élevé de la part des autres usagers - à raison puisqu'à 50km/h le risque de collision mortelle est de 70% contre 10% à 30km/h, la distance de freinage est divisée par deux à 30km/h, et le risque de collision est largement inférieur à vitesse réduite.
Ainsi forcer les vitesses à 50km/h dans des rues du centre urbain très peuplées - parmi les plus denses d'Europe! - ne résout ni les problèmes de fluidité du trafic automobile, ni ne garantit à chacun·e la sécurité et donc la liberté de choisir son mode de transport, puisque y circuler à vélo constitue un danger mortel que beaucoup ne préfèrent pas prendre.
Mais au-delà de ces aspects strictement liés aux flux de corps dans l'espace, nous rappelons que les rues ne sont pas un assemblage de tuyaux dont la seule vocation serait de déplacer des gens dans des boîtes de tôle de plusieurs tonnes (n'en déplaise à Elon Musk). Au contraire, depuis l'origine des villes les rues sont un espace d'échange, un lieu de vie, un endroit où se rencontrer et - last but not least - où les enfants grandissent, trébuchent et apprennent.
C'est là que le vélo prend toute son importance. Dans un monde moderne où se déplacer rapidement est revendiqué comme un droit, et est effectivement une nécessité (travail, famille, socialisation), nous cherchons forcément à utiliser l'espace public pour se déplacer. Genève est dense, les distances sont relativement courtes, et au moins la moitié des déplacements réalisés fait moins de 5 kilomètres. 40% des déplacements s'y font à pied, et seuls un quart le sont en voiture. Le réseau de transports public est d'une densité rarement égalée, avec des cadences régulières et une desserte exemplaire. Le vélo complète ce tableau en permettant à une bonne partie de la population (potentiellement jusqu'à 60%) de se déplacer silencieusement, à un coût dérisoire, de manière saine pour soi et les autres, et en occupant une place minimale.

Ainsi le vélo concerne tout le monde, car il permet de rendre les rues à leurs habitant·es, en y libérant de l'espace, en y réduisant les nuisances sonores et en rendant leur autonomie aux enfants (et aux seniors qui le peuvent).
Et trois fois plutôt qu'une, parce que la rue ainsi libérée de ses monstres de métal redevient un terrain de jeu, en même temps qu'elle autorise les plus vulnérables à se déplacer sans leurs parents. Ces derniers peuvent donc alléger leur agenda chargé et laisser celles et ceux qu'ils aiment plus que tout se déplacer en sécurité.
Ce n'est pas un doux rêve, c'est une réalité déjà dans de nombreuses villes des Pays-Bas ou de Flandres. Récemment encore, une mère néerlandaise récemment installée à Genève nous témoignait avoir dû acheter une deuxième voiture pour pouvoir emmener ses enfants à l'école: ce qu'elle ne devait pas faire là où des rues apaisées permettaient à ses enfants une autonomie pour leurs trajets du quotidien.
Alors quand la majorité de droite vote unanimement pour enlever le droit au calme, à l'autonomie et à la sécurité de dizaines de milliers de genevois, PRO VELO et ses partenaires (ATE, actif-trafiC et Mobilité piétonne) ont décidé de lancer un référendum pour tenter de préserver ne serait-ce que la possibilité de réduire les vitesses sur certains axes.
Le chemin vers une Genève apaisée est encore long, mais ne nous laissons pas décourager: beaucoup de chemin a été fait au cours des 30 dernières années, et nous n'assistons qu'à un mouvement réactionnaire désespéré pour tenter de préserver des privilèges d'une autre époque. Le référendum peut être un outil formidable pour montrer que la majorité silencieuse veut un espace public où les enfants sont autonomes et en sécurité.
Envie de nous aider? Nous allons devoir récolter un grand nombre de signatures en peu de temps. Téléchargez, signez puis postez le référendum!
Signez le référendum |
