La liste des pires points noirs de Genève

Suite à notre bilan intermédiaire de la Loi sur les voies cyclables, la Tribune de Genève nous a contacté pour dresser une liste des pires lieux où rouler à vélo à Genève. Voici un extrait de cet article, qui, précisons-le, est loin d'être exhaustif!

Source: Tribune de Genève, 18.07.2025

Ce n’est un secret pour personne: les aménagements cyclables à Genève s’améliorent, mais ne sont pas encore optimaux. Et le temps presse. D’ici à la fin de l’année 2027, le canton doit se mettre en conformité avec la loi fédérale sur les voies cyclables (LVC). Ce texte, adopté par le peuple suisse en 2018, prévoit que chaque canton crée des itinéraires cyclables sûrs et continus sur son territoire. Genève a déjà publié plusieurs plans de mise en œuvre.

Par où commencer? À travers le canton, plusieurs lieux pèchent particulièrement pour les cyclistes. La «Tribune de Genève» a contacté l’association PRO VELO et la section genevoise du Touring Club Suisse (TCS). Ces derniers pointent du doigt plusieurs lieux dangereux pour les amateurs de vélos à travers le canton.

Repenser les croisements

Pour Thomas Dagonnier, membre du comité PRO VELO Genève, la priorité est de sécuriser plusieurs intersections ne disposant pas de pistes propres aux cyclistes. «Le croisement formé par l’avenue Giuseppe-Motta et la rue Pestalozzi force les vélos à se déporter au milieu des voitures s’ils souhaitent bifurquer, pointe-t-il. Cela peut se révéler assez dangereux.»

C’est aussi le cas pour les vélos arrivant de la Perle du Lac qui veulent remonter en direction de Sécheron. «En approchant de l’intersection, il faut quitter la piste cyclable et traverser deux voies de circulation. Avec les voitures qui montent à 50 km/h, c’est risqué», déplore le membre du comité de PRO VELO.


La solution serait de créer des feux adaptés aux vélos, leur permettant de traverser ces carrefours en même temps que les piétons. De tels dispositifs existent déjà, par exemple, aux extrémités du pont du Mont-Blanc. «Ce qui est dommage, c’est qu’il y a des travaux en cours vers le parc Trembley, mais aucun aménagement cyclable n’y est inclus, regrette Thomas Dagonnier. Il faudrait que la création d’itinéraires sécurisés devienne la norme lorsque l’on ouvre un chantier.»

Du côté du TCS, on est plus prudent. Yves Gerber, directeur de la section genevoise, rappelle que la majorité des accidents de vélos sont des chutes qui ne sont pas dues à un autre véhicule. Il est par ailleurs difficile d’établir des statistiques précises, car la plupart de ces incidents ne sont pas déclarés à la police tant ils sont légers.

Le grand danger: les rails

«On constate toutefois que la plupart des cyclistes ont de la peine lorsqu’ils traversent des rails de tram, relève Yves Gerber. Ces derniers doivent être pris avec un angle d’au minimum 30 degrés, pour éviter la chute. Selon les conditions du trafic, ce n’est pas toujours simple.»

Il cite par exemple la fin du pont de la Coulouvrenière, en direction de Plainpalais, où se trouve un micmac de rails sans aucun couloir cyclable. «Les cyclistes sont invités à emprunter la rue du Diorama, mais force est de constater que peu d’entre eux le font», soupire Yves Gerber.

PRO VELO et le TCS soulignent tous deux que la rue des Deux-Ponts fait aussi partie des axes à risque. «Les cyclistes doivent changer de ligne plusieurs fois, tout en traversant les rails de tram, explique Thomas Dagonnier. C’est un endroit où on compte de nombreuses chutes et où le sentiment d’insécurité est fort.» Toutefois, l’État y a récemment installé des dispositifs réduisant le risque de chute due aux rails.

Certains aménagements de qualité

«Il faut aussi dire quand cela fonctionne, tempère Thomas Dagonnier. Sur le parcours du BHNS (bus à haut niveau de service) reliant Genève à Vernier, des aménagements de qualité sont en cours de réalisation. Espérons que cela deviendra une généralité.»

Si les deux associations se montrent critiques, elles se veulent aussi force de proposition. En avril, elles ont soumis au Conseil d’État une proposition de plan mobilité cyclable. Leur vision? Créer des «axes prioritaires pour vélos», permettant de séparer les flux cyclables et motorisés. Le but est de disposer d’un réseau complet d’ici à 2040.

 

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